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LE TOUR DE LA CORSE

 
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mickey
Rider du dimanche
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MessagePosté le: 24/09/2010 19:17:00    Sujet du message: LE TOUR DE LA CORSE Répondre en citant
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Salut les amis, c'est encore moi Very Happy
bonne lecture.


Tour de corse 2010

Après la grande traversée des alpes de l‘an dernier, je voulais rééditer ce genre de périple. Etant toujours limité à 1 semaine, j’ai choisi de faire le tour de la corse en septembre 2010.
Le choix du mois de septembre à été choisi pour sa température encore assez clémente et une grande diminution du nombre de touristes.

J’ai décidé de partir de Calvi, pour des raisons pratiques. Le voyage est plus court et le billet moins cher. De plus je préférais faire le gros du dénivelé dés le départ, pour finir le faite d’avoir la mer à ma droite me facilite les arrêts photos (pas de route à traverser). Le tour se fera en direction du sud en longeant la cote Ouest, puis en remontant au nord par la cote Est, et en faisant le tour du cap corse.

Le vélo sera le même que l’an dernier, à savoir mon Giant anthem x. Un petit changement sur le train de pneu qui ne sera plus en 1.35 pouces (schwalbe), mais en 1.0 pouce (Hutchinson). Le porte bagage ne sera plus à l’avant mais à l’arrière fixé sur le tube de selle. Je monterais toutefois à l’avant le sac de couchage, la tente, elle, sera placée sur les sacoches.

Grace à l’expérience de l’année dernière, j’ai effectué quelques modifications de mon matériel.
1/ j’ai acheté une véritable tente 1 place à 900g à la pace de la bâche, dénichée sur le net à 18.50 euros (oui ! dix huit euros cinquante)
2/ J’ai acheté une crème solaire, indice 20.
3/ J’utiliserais dès les 1er kilomètre, la crème anti-échauffement pour cuissard.
4/ J’apporterais 1 burette d’huile.

Contrairement à l’an dernier où l’exploit physique était quand même passé avant le plaisir, car je commençais à rouler avant le levé de soleil, pour terminer après son couché. J’ai décidé pour cette année de ne rouler que 5 à 6h par jour et de profiter du reste de la journée pour la baignade, la visite de village, la lecture ou carrément de ne rien faire.


Le 22 aout je pars essayer mon vélo avec tout le matériel dessus. Je n’ai malheureusement pas encore reçus mes pneus de route. Je garde donc mes pneus vtt (2.1) que j’ai tout de même sur gonflés à 3 bar.
Je parcours lors de ce test 107km pour 1095D+.
Je suis content de mon porte bagage et des sacoches mais moins de ma tente et du sac arrimés sur la fourche.

Le samedi 28 aout je pars faire un denier essai. J’ai enfin pu monter mes pneus de route en 1.0 pouce.
Ca roule vraiment mieux. Le rendement est surprenant.
Je décide pour le tour de corse de garder le sac de couchage sur la fourche et de fixer la tente sur le porte bagage.

Je décide de changer également ma tige de selle en scandium extra light mais fragile pour une autre en aluminium très solide. Celle elle qui supportera tout le poids du chargement. Je change aussi ma selle de compétition trop fine pour une bien plus rembourrée. Je connais bien les problèmes résultant d’une selle trop dure, sur de très longues distances.

Après un dernier entrainement sur route en club le dimanche 29 aout, je suis fin prêt pour mon périple.


















Jeudi 02 septembre.
Je me lève à 6h30, prend un bon petit déjeuner et vérifie une dernière foi mon sac pour la traversée que je garderais avec moi sur le bateau. Il y a dedans les sandwichs, 1 cake, la boisson, 1 livre et mon mp3.
7h30 je me dirige vers le port de Nice distant de 800m de mon domicile.
8h30 le bateau quitte l’embarcadère pour rejoindre Calvi où nous arrivons à 14h00.
Dés la descente du bateau je contrôle la fixation de mes affaires, enfile mes chaussures de vtt et démarre le chrono. Il est 14h17mn. Moins de 4 jours plus tard, le Lundi 06 septembre à 12h51mn je serais de retour à mon point de départ.
Sur mon planning, j’ai décidé de rallier Calvi à Cargèse pour la première étape. Dès les premiers mètres j’entre dans le vif du sujet avec une rampe à 20% qui permet de quitter le port afin de rejoindre la nationale. Quelques kilomètres plus loin je m’arrête (déjà) afin de me passer de la crème solaire et surtout celle anti échauffement. Je préfère prévenir que guérir.
Dés la sortie de Calvi la route s’élève sur une centaine de mètres puis joue aux montagnes russe afin de rejoindre le col de Palmarella, (398m) 1er des 3 cols que j’aurais à gravir sur ce raid. La route qui suit sur une dizaine de kilomètres est défoncée. Le goudron fondu fait place à une deuxième couche de goudron fondu lui aussi, laissant apparaitre le remblai de pierre. Grace à mes amortisseurs (av & ar) j’arrive à garder un certain confort, malgré le gonflage haute pression de mes pneus (7.2bar av et 7.5bar ar) . La vue sur les criques est magnifique, l’eau turquoise et limpide invite à la baignade. Ce sera pour demain après midi en fin de randonnée. Par endroit la route s’éloigne de la mer, puis y revient. Après la descente sur Curzu et la traversée de Partinello, la route s’élève à nouveau pour rejoindre les callanches le plus beau passages de ce périple. La route qui traverse ces montagnes plongeants dans la mer et formant ces calanques, donnent à ce site un coté irréel. Le paysage est à couper le souffle. La couleur ocre orangé des falaises associée au bleu lagon des criques, traversé par le ruban noir de la route est à voir absolument.
Passé Porto les criques s’agrandissent et laisse place à de petites plages de sable noir. J’atteins Piana juste avant la tombé de la nuit. Je passe ensuite le col Sant Marino sous le couché du soleil. En bas de la descente, 4 km avant l’entrée dans Cargèse je vois au dernier moment un camping sur ma droite. Pas d’hésitation, j’y passerais la nuit. Le premier montage de ma nouvelle tente se passe très bien. Je n’ai même pas eu le temps de la monter avant. Elle se monte en 2 minutes. Je n’ai pas emporté de matelas de sol et le regrette car le terrain est truffé de gravillons qui me rentrent dans le dos. Je ne passerais pas une bonne nuit.
Sur le coté physique je n’ai pas grand chose à dire, malgré un départ un peu dans le brouillard à cause du caché contre le mal de mer qui m’a assommé, tout s’est bien déroulé.

Les chiffres de l’étape N°1
Départ 14h17 de Calvi, arrivée à 20h20 à 4km de Cargèse.
Durée 6h03mn
Distance 116.9km
Ascension 1485D+
Température de 21° à 35°.








Vendredi 03 septembre
Je me réveille à 6h30 un peu fatigué de ma mauvaise nuit. Comme cette année je suis parti sans réchaud et sans nourriture je suis obligé de prendre le départ à jeun. Ce sera comme ça pour chaque jour. J’avais décidé de m’arrêter dès que j’aurais le moyen de m’acheter à manger. Je m’aperçois tout à coup qu’il me reste un bout de cake acheté pour la traversée en bateau. Cela me suffira pour tenir jusqu’au déjeuner.
Après avoir rapidement traversée Cargèse, je file sur Tiuccia. Les criques s’enchainent, toujours aussi belles. Je passe Masorchia et atteins l’église « sancto et divo sanbastiano » à 398m. Ce n’est pas un col (pas de panneau) mais c’est tout comme. Les pentes sont raides, mais pas longues. Par rapport à l’an dernier je grimpe bien plus facilement grâce à mon matériel allégé de 4kg et à mes nouveaux pneus en 1.0 pouce. Passé la descente, je profite d’une épicerie pour refaire le plein de boisson et troquer mon Coca contre un Gini. Après avoir dépassé Mézzavia la route passe sous un magnifique pont romain. On croirait le pont du Gard en plus petit. J’atteins enfin Ajaccio par le Sud-est. Je n’aime pas ces grandes villes et la circulation qui va avec. J’évite la double voie interdite aux cyclistes en passant par le trottoir et récupère la route du bord de mer un peu plus loin. J’arrive sur Porticcio et sa magnifique baie de sable blanc. C’est une très belle station balnéaire où il doit être agréable d‘y séjourner. A Molini-agosta je résiste à l’envie de m’allonger sur les superbes étendues de sable immaculé. Plus loin la route s’élève à nouveau. C’est partout comme ça en corse. La route n’est jamais plate, même si à la lecture d’une carte routière on pourrait le croire. En prenant de la hauteur on a une vue imprenable sur la baie. Du petit village d’Acqua-doria la vue est saisissante. Avant la descente sur Propiano il faut passer une succession de montée plus raide les unes que les autres. Elles s’enchainent sans temps mort. Ca tourne, descend, remonte, retourne, ca ne s’arrête jamais. Je suis obligé parfois de passer en 32x32 afin de m’économiser musculairement. L’asphalte est assez dégradé, ce qui augmente encore la difficulté. Cette portion qui doit faire dans les 20km en parait le double.
A mis parcours après un énième virage je tombe sur un randonneur allemand. Il est affalé sur le bas coté dans l’herbe, son vélo couché sur ses sacoches. Il me fait peine à voir. Après m’être renseigné sur son état, il me rassure en me disant qu’il n’a besoin de rien mais qu’il récupère. Son chargement doit faire dans les 40kg. Rien que la taille de sa tente me ferait fuir. Après avoir discuté avec lui (il parle français) sur son chargement, il admet à demi-mots qu’il a vue trop grand et regarde avec envie mais minuscules sacoches. Après l’avoir laissé à sa récupération, je rattrape quelques kilomètres plus loin un autre randonneur (français) qui tracte une remorque. C’est un habitué des raids en solo et bien que son chargement est trop lourd pour moi, j’avoue qu’il roule à bonne allure. Nous feront le reste de mon étape ensemble. Arrivée juste avant Propiano j’avise un camping sur ma gauche avec la plage en face. Ni une ni deux je passe à l’accueil prendre un emplacement, tandis que mon accompagnateur du moment continue sur une trentaine de kilomètre, puis rejoindra la Sardaigne. Après avoir installé le campement je file au resto de la plage avec vue imprenable sur le lagon et me commande un hamburger géant accompagné de frites et salades. Je vais ensuite me baigner et me faire bronzer en essayant de récupérer.
Les multiples côtes et raidards ont laissés des traces. Après 3h passé au soleil je m’aperçois que je n’ai pas fais les provision pour demain. Je file vite acheter du Coca, une Boîte de cassoulet, des réglisses (c’est bon pour faire monter ma tension) et un livre. J’ai en effet dû oublier le mien « latitude zéro » dans le bateau.



Les chiffres de l’étape N°2
Départ 7h02 de 4km avant Cargèse, arrivée à 13h53 à 10km avant Propriano.
Durée 6h51mn
Distance 126.8km
Ascension 1365D+
Température de 18° à 34°







Samedi 4 septembre.
Je me lève ce samedi matin à 6h après avoir passé une bonne nuit de 9h. J’ai bien récupéré et me sens en grande forme. Après avoir plié comme chaque matin le campement et tout fixé sur mon vélo je m’élance à 6h41 afin de rallier Solenzara distant d’environ 135km. Dès le départ je roule à bonne allure, voir rapidement. Pour cette troisième étape j’oubli que je suis en randonnée et prend un rythme d’entrainement. Au bout de 10km j’atteins Propriano. Je pensais m’être arrêté la veille à l’entrée de la ville, mais non, c’était juste un hameau.
A la sortie de Propriano la route s’éloigne de la mer et passe par la montagne afin de rejoindre Sartène.
Le village n’est pas situé très haut (286m) mais la rampe y amenant est difficile. Je m’arrête juste le temps de prendre quelques photo et continu après le carrefour sur la N196. Et là comme souvent en corse, la route, sans prévenir prend d’un coup 20% de pente. Ca ne dure jamais longtemps mais c’est usant c’est changement continuel de rythme. Heureusement qu’avec mes braquets de VTT (22x32x44 & 11x32) je peux passer partout même chargé. J’arrive ensuite à Boca Albitrina et accède à nouveau sur une route dominant en contre bas de sublimes calanques. Je m’arrête à afin de mitrailler cette vue. Un allemand qui était en train de prendre des photos s’arrête en me voyant arriver et reste en admiration devant mon vélo. Il n’a jamais vu de vélo de route avec des suspensions. Je lui explique que c’est le contraire, c’est un vtt avec des pneus de route. Il me demande l’autorisation de me filmer et c’est sur un geste de la main que l’on se quitte. Arrivée à Pianottoli-caldarello je m’installe au « café corsica » afin de prendre un petit déjeuner. Ca fait 3h que je roule le ventre vide. Je commande un thé et un paquet de gâteau sec que je paye avec un billet de 10 euros trouvé devant le commerce. Après un arrêt de 20mn je repars en direction de Bonifacio à l’extrême sud de l’ile.
J’atteins la ville et son port sur le coup des 11h. Après avoir photographié la citadelle et regardé avec envie les touristes partant pour la Sardaigne je me décide à quitter l’endroit afin de remonter au nord, direction Solenzara. Juste après avoir quitter la ville je frôle le drame. Je roule sur le bas coté de la route sur la droite de la bande délimitant la chaussée. C’est çà dire en dehors de la route le long de la ligne. Quand juste au moment ou une voiture arrive en face, un camion me double en passant entre la voiture et moi. Il passe tellement près qu’il me touche les poils du bras gauche ! Passé ma frayeur je décide de rouler plus au centre obligeant les automobiliste à me contourner. A partir de ce moment je reprend mes habitude de citadin et sors le coude gauche dès que j’entend une voiture arriver. J’entend depuis un moment un bruit anormale provenant de l’arrière de mon vélo. Comme c’est moi, qui est fais la révision, je pense savoir de suite d’où cela provient. Je m’arrête, soulève l’arrière et fais tourner à la main la roue. Elle s’arrête presque immédiatement freinée par la plaquette gauche. Ces malheureusement bien ce que je pensais. Avant le départ j’avais eu un soucis avec mon frein arrière. Le piston gauche de l’étrier de frein à disque restait coincé en position sorti. Il venait faire frotter la plaquette contre le disque, d’où un freinage de la roue. Je l’avais donc démonté, sorti le piston, que j’avais forcé à rentrer et sortir à plusieurs reprise tout en y déposant de l’huile. Après essaie, tout fonctionnait très bien. Mais après avoir fais la moitié du tour de la corse, ca recommence. J’aurais dû mettre du WD40 à la place de l’huile, mais je n’en avais pas. J’ai l’outillage sur moi pour réparer. Cependant je n’est toujours pas de dégrippant et j’hésite à remettre de l’huile, sachant que si une goutte se dépose sur les plaquettes je serais encore plus embêté qu’en ce moment. Je prend sur moi et décide de continuer à rouler comme ça. Le plus dur bien sure, c’est dans les bosses. Pas tant pour le ralentissement occasionné. Physiquement Je ne le ressent même pas. Mais moralement ça me dérange, je me dis que sans cela je pourrais aller plus vite.
Plus loin je passe Chiova d ‘Asino et sa marina. Vers les 13h30 j’avise sur le bord de la plage une table en bois avec deux bancs, le tout à l’ombre. C’est le seul endroit sans soleil sur plusieurs kilomètres. Je m’installe et ouvre une boîte de cassoulet que je mangerais au trois quarts. Je consulte pendant ce temps ma carte, afin de connaitre l’heure approximative de mon arrivée en fin d‘étape.
Je continus ma route et passe successivement Trinité de Porto-Vecchio, Lecci, Sainte lucci de porto-vechio. Les grandes plages de sable fin se suivent. En cette période elles sont désertées par les touristes et le calme y règne à nouveaux. Vient ensuite les villages de Tarco et favona. Ce dernier village à la particularité d’avoir le plus beau lagon de l’ile. D’une largeur d’environ 100m on dirait une piscine d’eau de mer. Magnifique !
J’arrive enfin à Solenzara dans l’après-midi. Mon premier soucis est de trouver un camping. J’en aperçois justement un, à l’entrée de la ville. Il est situé directement sur la plage. Après avoir choisi mon emplacement et y avoir installé ma tente, je me dirige directement à la mer. Petite séance de natation, qui permet de détendre les muscles. Bronzage puis nouvelle baignade et nouveau bronzage. Je suis en vacance, la vie est belle. De retour à ma tente je fais la connaissance d’un randonneur pédestre Allemand. Il m’explique qu’il est parti pour 3 semaines seul avec son sac de 15kg. C’est presque le poids de mon matériel plus mon vélo (18kg) Un autre campeur, un lyonnais vient nous voir et se renseigner sur mon matos. Il est impressionné par la légèreté de mon équipement, tente, sac de couchage, pompe, sacoches. Il me traite ensuite amicalement de fou, quand je lui décris mon parcours.
De retour dans ma tente, je m’aperçois que le voyant de batterie faible de mon téléphone vient de s’allumer. Cette fois ci, contrairement à l’an dernier j’ai pris mes précautions. Je sors mon minuscule chargeur solaire et recharge en une demi-heure mon portable. Ce chargeur met 10h à la lumière du soleil pour se recharger complètement. Je le glisse chaque matin dans la pochette transparente de ma sacoche de tente et toute la journée il se recharge de lui-même à la lumière du soleil.
N’ayant pas trouvé d’épicerie dans le coin, je dîne ce soir au restaurant de la plage. Je choisi la pizza du chef « la paillote » garnie de charcuterie corse et assaisonnée de sauce piquante. Après avoir lu mon bouquin pendant une heure, je me couche vers les 21h30.

Les chiffres de l’étape N°3
Départ à 6h51 de 10km avant Propriano, arrivée à Solenzara à 15h14.
Durée 8h23.
Distance 155.5km
Ascension 1520D+
Température de 12° à 39°






Dimanche 5 septembre
Aujourd’hui je dois rejoindre la ville de Bastia distante d’environ 114km.
Je me réveille juste avant 7h ce matin. Rapidement je démonte ma tente et installe tout mon matériel sur le vélo. Je commence à être rodé. Chaque chose est rangé à sa place et surtout dans l’ordre. Je ne perd pas de temps. Cette journée s’annonce facile, car il y a très peu de dénivelé. Moins de 500m je pense. Finalement indépendamment de ma volonté, je ferais non pas 114km et 500m de D+, mais 157km pour 840m de D+.
Je quitte le camping à 7h21, direction Bastia. La côte Est de la corse est sur la carte routière pratiquement plate. C’est faux ! Les interminables remontées de 50 à 100m avec parfois un vent de face rendent cette route très vallonnée et usantes. De plus les lignes droites à perte de vue et l’absence de paysage intéressant ne serai-ce que par moment rendent encore plus monotone cette traversée. Je profite de mon entrainement pour accéléré l’allure et en finir au plus vite. Les jambes tournent facilement, je me sens bien, la fatigue ne pas encore rattrapée. J’ai un léger vent de dos ce qui m’amène à rouler entre 38 et 41km/H. Par moment j’arrive même à passer les longs faut plat à 37km/h.
Les villages s’enchaine, Travo, Vix, Mignataja, Ghisonaccia, pour arriver à Aléria et ses superbes architectures romaines. A Linguizetta je m’arrête au cabanon « le napoléon » afin de refaire le plein de boisson. J’achète deux bouteilles de 1.5 litre de Coca. Je remplis mes 2 bidons de 600ml et fixe l’autre bouteille sur le porte bagage. Je reprend la route et enchaine la traversé de petite ville, San nicolao, Figaretto, Folelli, Querciolo, Arena, Casamozza. Seul les faut plats rencontrés brise la monotonie de cette route. Le vent présent parfois de dos et de temps en temps de trois quart permet de ne pas trop s’ennuyer. A partir de Crucetta je change de route pour prendre la N193. Après avoir dépassé Biguglia, j’arrive enfin à Bastia. Je prend quelques photos de la vieille ville et du port. Je me lance ensuite à la recherche d’un camping. J’en trouve un à Piatranera sur la D81. Il est situé à l’intérieur des terres et pour la baignade ce n’est pas pratique. Je repars pensant en trouver un pas très loin. Après Brando j’attaque le cap Corse et là, la chaleur commence à devenir difficilement supportable. J’ai faim. Je n’ai mangé que 4 bichoco depuis le départ de Solenzara il y a déjà plus de 135km. Je cherche un coin pour m’arrêter mais il n’y a aucun endroit à l’ombre et encore moins de camping. Comme je ne suis pas fatigué je continu jusqu’à en trouver un. Quelques kilomètres plus loin je vais m’assoir sur les marches d’une villa à l’ombre. Je suis en train de manger ma boîte de tripes accompagnée de coca-cola, quand les propriétaire de la maison arrivent. Je me prépare à quitter les lieux, mais le gas en face de moi me dis de rester tranquillement à l’ombre et me propose même de prendre une douche dans son jardin. Après avoir sympathisé il me donne l’adresse de 2 campings. Le 1er à 2km mais loin de la plage, l’autres à 15km situé sur la plage. J’opte sans hésiter pour le second. Je le trouverais finalement à 20km et à 1km de la plage. Je décide d’y passer la nuit. Après avoir monté ma tente et lavé mon cuissard je pars en short de bain et tongues sur mon vélo, direction la plage. La route est mauvaise et 200m plus loin elle se transforme en une piste complètement défoncées. Avec mes pneus de route j’hésite à continuer. Je fais finalement demi tour ne voulant pas prendre le risque de crever et surtout éclater un pneu. Je retourne sur le port où devant une parti de pétanque je déguste une tarte au citron bien méritée. Après avoir lu mon livre pendant un moment, le sommeil me prend mais j’hésite à me coucher car je n’ai pas diné. Je n’ai pas fin, et suis un peu fatigué. Sachant la route qui m’attend demain je devrais me forcer à manger. Finalement je me couche sans repas. Je n’aurais mangé ces 24 dernières heures que 4 bichoco, une boîte de 400g de tripes et une tarte au citron. Malgré l’énergie dépensée je ne ressent pas le besoin de manger plus.

Les chiffres de l’étapes N°4
Départ de Solenzara à 7h26, arrivée à Macinaggio (cap corse) à 14h47.
Durée 7h21.
Distance 157.1km
Ascension 840D+
Température de 18° à 33°





Lundi 6 septembre
Je me lève ce matin à 5h30. J’ai bien réfléchi hier au soir et j’ai décidé de rejoindre Calvi dans la journée. Normalement hier après midi j’aurais dû arriver à Bastia et mon étape faire 104km. Mais comme je n’ai pas trouvé de camping sur place, j’ai continué jusqu’à Macinaggio 53km plus loin. Etant donné que l’étape d’aujourd’hui jusqu’à Saint Florent est raccourcie de 53km il n’en reste plus que 71km à faire. L’étape du lendemain n’en faisant que 84km, j’ai donc décidé de relier Macinaggio à Calvi directement. Je pars donc ce matin dans la nuit à 6h01mn. Pour la première fois du raid je roule à la frontale. Dès la sortie du camping la route s’élève. La chaussée déjà mauvaise au départ passe à complètement dégradé jusqu’au sommet du col de La Sera à 361m d’altitude que j‘atteins 1h plus tard après seulement 14.5km. La route y menant est sur sa 2e moitié en travaux. Je roule sur du gravier et des trous. Je souffre pour mes pneus ultra light à 205g. Je m’allège au maximum en faisant amortisseur avec mes jambes. Je ne sais pas pourquoi, mais les cols en Corse me paraissent à chaque fois 2 fois plus haut que ce qu’ils sont en réalité. Surement à cause de la qualité du revêtement. Le jour s’est levé depuis une vingtaine de minutes et j’en profite pour prendre quelques photos. Avant de descendre j’enfile mon coupe vent car le temps est un peu couvert et la température en a profité pour chuter. La route est mouillée par endroit, il à dû pleuvoir il y a très peu de temps Vers les 8h je ressent le début d’une petite faim. Dans les villages traversé jusqu’à présent les commerces n’était pas encore ouvert. A présent au sommet d’une côte, peut être la dixième déjà depuis mon départ, je trouve enfin sur ma gauche un commerçant occupé à ouvrir son alimentation. A coté de la caisse trônent les viennoiseries, brioches et autres croissants. J’en ai l’eau à la bouche. Je prend au passage un pain au chocolat et me dirige vers le fond en quête d’une alimentation salée. Je pense à une boîte de pâté. Mais je tombe nez à nez avec de superbes saucissons corse. Hop pas d’hésitations, c’est déjà dans le panier, j‘y rajoute une bannette. Après avoir payé et rangé le pain et le saucisson dans les sacoches je pars en mangeant mon pain au chocolat tout roulant . En effet de puis ce moment je ne suis plus sur un rythme de randonnée mais plus tôt sur celui d’un entrainement qui passera une cinquantaine de km plus loin en véritable cyclosportive.
Je me suis rendu compte d’abord que si j’arrivais cet après-midi à Calvi avant 14h17mn (heure de mon départ jeudi après midi de Calvi) j’aurais fais le tour de la Corse en moins de 4 jours. Mais c’est pratiquement 2h plus tard en pensant aux kilomètres restant et en analysant ma vitesse moyenne par rapport au temps restant que je me suis dis,  mince alors, si j’arrive avant 13h30mn (heure d’embarquement dans le bateau) je pourrais le prendre et gagner 2 jours sur mon périple . Il n’y a en effet qu’un voyage chaque 2 jours au départ de Calvi pour Nice. Je ne me voyais pas rester en Corse 2 jours tout seul en attendant le prochain bateau alors que j‘aurais fini mon raid.
C’est donc sur un bon rythme que je roule tout en mangeant ma viennoiserie. Par moment j’ai du mal à déglutiner, je m’étouffe dans les courtes mais raides remontées. Un peu plus loin je m’attaque à la charcuterie Corses. Le pain dans la main gauche, le saucisson dans la droite, un coup de dent dans l’un un coup dans l’autre un regard sur la route et un autre sur le paysage qui défile. On pourrait me reprocher de partir faire une randonnée et de rouler le nez dans le guidon, mais c’est comme ça. Je me sens en super forme, je reste dans les règles que je m’étaient imposées. A savoir, faire le tour de la corse en prenant la route la plus proche du bord de mer et en gardant la mer à ma droite. Je suis seul, je me permet donc de rouler comme je l’entend à ce moment précis. Pourquoi devrais-je employer tel ou tel rythme ? Jusqu’à Calvi distant de 123km maintenant, l’allure ne cessera d’augmenter.
Les paysages du Cap corse sont uniques. Il me font penser par à l’Irlande. Les montagnes se jette directement dans l’eau. Par moment la verdure y est étonnante. Il se dégage une impression sinistre voir lugubre de cet endroit. Je fais le tour de ce Cap sous un temps non pas menaçant mais couvert. La lumière y étant rare, le décor super sauvage et moi me retrouvant seul au milieu de cet endroit, je me dis qu’il vaudrait mieux ne pas tomber en panne. A 60km de saint Florent la route vient d’être refaite. Les ouvriers sont encore sur place et l’asphalte encore chaud. Les premiers mètres sont freinés par le goudron encore moue. Plus loin je glisse sans effort sur ce ruban de bitume tout frais. Cela me change des nids de poule rencontrés plus au nord. Le problème c’est que comme le route est parfaitement lisse, il n’y a aucune vibration sur mon vélo, ce qui fait que j’entend de plus en plus fort le frottement de la plaquette de frein arrière gauche sur le disque. Ça a vraiment le don de m’énerver.
J’arrive à Saint Florent à 9h55. Ca aurait dut être l’arrivée de mon étape du jour. Je n’y fais que passer après avoir rajouté quelques photos à ma collection. A partir d’ici le rythme va encore s’accéléré pour atteindre celui d’une compétition. Il me reste 3h35mn pour faire les 84 dernier kilomètres. Avec un vélo de route sans sacoches se serait très facile à tenir. Mais avec plus de 600km dans les jambes depuis 3 jours et demi, un VTT, le poids du chargement et surtout les incessantes rampes à escalader, dont certaines très raides cela devient bien plus compliqué.
Des la sortie de Saint Florent une terrible côte m’attend, je me sens bien, je suis motivé et surtout c’est la partie finale. Je l’attaque à bonne allure, puis j’accélère je rattrape et double avec une grande différence de vitesse des randonneur sur chargé. Je salut en passant et ne ralenti pas. Je continu à grimper comme si l’arrivée d’une course était proche. La route s’élève à 360m d’altitude, mais, est entre coupée de mini descentes qui augmentent d’autant le dénivelé. Par moment je rattrape un cyclotouriste nous échangeons quelques paroles sur le parcours et notre chargement puis je reprend mon allure de randonneur pressé. Certain me regardent passer d’un mauvais œil. Je me demande bien pourquoi. Trop épuisé pour sourire ? Concernant la plus part des randonneurs croisé, je suis surpris par le fait que moins ils sont affuté et plus ils se chargent. Chacun son plaisir après tout et je n’ai absolument rien contre cela. Mais personnellement je ne me vois pas amener toute la maison sur mon dos. Il est vrai que non seulement je pèse chaque élément de mon chargement mais je me passe de pas mal de chose qui pourrait améliorer mon confort. Je n’ai pas de réchaud, donc pas de popote. Pas de nourriture sur moi.
Je l’achète au fur et à mesure de mon déplacement Pas de tapis de sol. Une mini tente de 900g qui en cas d’orage ne resterais pas longtemps imperméable. Le strict minimum en rechange que je lave chaque soir. J’ai un sac de couchage de 750g. Mon matériel de réparation se limite à 2 chambres à air, 2 démontes pneus, 1 mini pompe, 1 dérive chaine et 4 clés allen. Le tout rempli mes petites sacoches.
Arrivée en haut d’une bosse, j’aperçois les 2 petites iles au large d’ile rousse. Je l’ai avait vu en partant de Calvi elle était au Nord par rapport à moi. Elles sont maintenant au sud. La boucle est en train d’être bouclée et une petite émotion m’envahie. Je regarde l’heure et je me rend compte que ça va être limite. Je passe Ile rousse en trombe en évitant le peu de touriste restant. Maintenant c’st un véritable contre la montre pour arriver à l’heure. Dans une énième côte je me permet même de lâcher des cyclistes avec vélo de course sans sacoches dont l’un essaiera de prendre ma roue. Les rares panneaux comportant le kilométrage sont parfois fantaisistes et je ne sais pas réellement combien de distance il me reste à faire. Finalement après plusieurs heures d’effort j’entre dans Calvi, me dirige directement vers le port et arrête mon chrono à l’embarcadère, à l’endroit même où je l’avais mis en marche 4 jours plus tôt. Il est 12h51mn soit 39mn avant l’embarquement !
Je me renseigne sur la destination du bateau, oui c’est bien pour Nice, oui on peut changer mon billet, non je n’ai pas de supplément à payer. Tout baigne la vie est belle.
Sur le quai-je fais la connaissance d’un randonneur belge avec une vélo de route plus une remorque. Il à fait 1200km pour prendre le bateau à Nice est était parti pour 2 semaines. Malheureusement une chute et une clavicule cassée le 2e jour le prive de ses vacances.
Après 5h30mn de voyage sur une mer d’huile, j’arrive à 20h30 à Nice. A la descente du bateau une belle surprise m’attend, ma femme et ma fille sont venues me rejoindre. C’est à ce moment en rentrant à pied à la maison que je commence à ressentir l‘effet du cachet contre le mal de mer et la fatigue.

Les chiffres de l’étapes N°5
Départ de Macinoggia (cap corse) à 6h01mn, arrivée à Calvi à 12h51mn.
Durée 6h50mn.
Distance 155.3km
Ascension 1785D+
Température 18° mini et 31° maxi



souvenirs
Plus beau passages: les calanches
Plus beau lagon; favone
Plus belle plage: sagone
Plus surpenant endroit: le cap corse
Plus mauvais passage: entre Solenzara et bastia
Plus grosse frayeur: Bonifacio




Matériel:
Porte bagage arrière avec ridelle sur les cotés se fixant sur la tige de selle au moyen de 4 vis allen.
Sacoches latérales en nylon extra légère de marque go-sport avec 2 petites poches latérales en plus.
1 sac de couchage de 8° confort à 750g.
1 tente 1 place à 900g.
2 cuissards
1 maillot cycliste MC.
2 tee shirt polyamide décathlon.
1 short de bain faisant office de sort de ville pour la traversée.
1 sacoche ventrale pour amener mes papier, argent, APN, MP3, chargeur solaire.
1 casque + lunette
2 paires de chaussettes
1 paire de gant été
1 montre polar 725x
1 paire de tongue
1 crème anti échauffement
1 crème solaire indice 20
1 tube de biafine
1 maillot ML d’hiver (non utilisé)
1 coupe vent imperméable
1 poncho (non utilisé)
1 paire de jambières (non utilisé)
1 couteau opinel (non utilisé)
1 petite cuillère
4 lanières pour fixer tente et sac de couchage
Quelques élastiques
Quelques sachets plastiques (non utilisé)
2 sac poubelle
1 lampe frontale 50 luxes
1 loupiote arrière
1 mini pompe (non utilisé)
1 cadenas spirale en câble à code
2 cambres à air 1.0 pouce (non utilisé)
2 démonte pneu (non utilisé)
1 rouleau papier WC
1 gel douche
1 mini brosse à dents avec dentifrice

Cette année encore j’ai oublié d’apporter une burette d’huile
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loran
Incroyable ce qu'il peut parler !!
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MessagePosté le: 24/09/2010 19:46:18    Sujet du message: LE TOUR DE LA CORSE Répondre en citant
Tu sais vraiment nous faire rêver (même si c'est de la route, ça donne vraiment envie d'évasion) !!

Bravo
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Steph13
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Messages: 5 365

MessagePosté le: 24/09/2010 19:55:26    Sujet du message: LE TOUR DE LA CORSE Répondre en citant
Sacre trip en corse Shocked , chapeau bas monsieur mickey
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MessagePosté le: 13/12/2017 03:16:55    Sujet du message: LE TOUR DE LA CORSE
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