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LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES

 
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mickey
Rider du dimanche
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MessagePosté le: 21/09/2009 22:19:57    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
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Salut les gas,
voici un p'tit périple que je me suis fais pendant mes vacances.
c'est pas du vtt, masi ça été fais avec un vtt Very Happy

La Grande Traversée des Alpes
Tout débute après l’arrivée du raid des terres noires le 21 juin 2009. Je viens de finir cette course fatigué, je n’ai pas tout a fait récupéré de la transvésubienne. Je prend un coup au moral. Ras le bol des compétitions, j’arrête là ma saison. Il faut dire que depuis le raid des paillons en septembre 2008 j’ai enchainé pas mal de courses avec tous les entrainements que cela demande je suis moralement lessivé.
Je décide donc pour mes vacances de me faire un raid hors compétition, simplement pour le plaisir de faire du vélo sans pressions ni résultats.
J’envisage tout d’abord de faire le tour du mont blanc à vtt en une seul étape.
2 collègues de veloptimal, m’attendent la bas, mais ne trouvant personne pour Covoiturer au départ de Nice, je laisse tomber malheureusement cette idée.
L’idée me viens ensuite de rallier la ville de mes origines (Barcelone) à celle de ma naissance (Nice) en une semaine.
Je trace le parcours et le départ devait se faire la première semaine de septembre
Lors d’un entrainement sur route, j’en parle avec un ami qui me dissuade fortement de faire ce raid et me conseille plutôt les alpes en précisant qu’il sera du voyage.
Ok pour les alpes, mais une fois le planning terminé et mon billet de train acheté mon ami se désiste.
Tant pis, je le ferais seul.
Je décide de faire le périple avec mon vtt (giant anthem x) équipé de pneus route en 1.4 pouce et d’un porte bagage avant avec 2 sacoches latérales. Le vélo à été pesé à 22kg avec tout l'équipement.
Malheureusement j’ai reçus le porte bagage l’avant-veille et je n’ai pu l’essayer en charge que de chez moi a « la roue libre » aller et retour soit 3km. Trop tard pour changer d’avis, je ferais avec.
Ce raid se fera en solo, et en autonomie (pas d’hôtel)
Je pars donc le samedi 15 aout de Nice en TGV à 13h29 pour arrivée à Genève à 19h45.
Le temps de préparer tout le matériel je quitte la gare à 20h15 pour un départ fictif devant m’amener à Cluses, distant de 45km, il fait 29°. Je fais l’énorme bêtise de rouler en short de ville ces 3h de route, ce qui a pour effet de me bruler au fesses, je ne le sais pas encore mais j’en souffrirais tout le parcours. Je m’aperçois que je n’ai pas mes lunettes de vélo. Je pense les avoir oublié dans le sac plastique que j’ai jeté en sortant de la gare. Ca commence mal.
Sur la route en pleine nuit, je fais tomber ma lampe frontale qui se casse. Il me reste la loupiote du vélo qui éclaire à 50cm.. Je dois maintenant trouver un endroit pour dormir il est 22h30 j’installe ma bâche, mon duvet, mais impossible de dormir dans ces condition sur un terrain en pente. Je déménage tout pour m’installer 1km plus loin dans un champ…d’ortie.
Je suis fatigué, j’ai sommeille il est maintenant 23h15 j’ai pas mangé, j’y vois rien, je suis à 650km de la maison tout seul.
Mais dans quelle galère me suis-je foutu.
C’est de Cluses que je prend mon départ réel le dimanche matin afin de rejoindre Nice, prévu au départ en 6 jours.
J’ai passé une mauvaise nuit j’ai les 2 bras qui me brules (les orties) il est 5h je décide de lever le camp après m’être fais chauffer un thé. 2 bonnes nouvelles ce matin. J’ai retrouvé mes lunettes au fond de la sacoche et j’ai réparé ma lampe. En tombant le couvercle des piles s’était déboité et empêchait le contact. Le temps de tout charger sur le vélo il est 5h30 pour mon premier jour de vélo.
Je suis content et motivé, cela fait 1 mois que j’attend ce moment en lisant et relisant les cartes routières de Genève à Nice avec tout ces noms de col mythique qui composent la Grande Route des Alpes.
Je commence par attaquer le col de la colombière (1613m d'altitude, 1108D+ , 16.3km), un petit hors d’œuvre en entendant les grands sommets, me dis-je. Que nenni, même si les 5 premiers km sont assez facile les difficultés vont en s’agrandissant pour se terminer par une impressionnante rampe de 3km où je passerais ave le 22x32 à 5.2km/h.
À 8h05 le sommet est atteint. Petite photo là haut et j’attaque la descente afin de rejoindre le 2e et dernier col de la journée. (ce que je pensais)
Ce 2e sommet est le col des Aravis (1486 d'altitude, 866D+, 18.9km) qui n’est pas trop compliqué à grimpé, bien moins dure que le 1er, je le qualifierais de roulant. Il sera atteint à 10h05. J’enchaine avec la descente sur Flumet pour installer le campement. Mais arrivé a destination vers les 10h30 je me dis qu’il serait idiot de ne pas continuer alors qu’il est très top et que je suis en bonne forme.
Je me dirige donc tranquillement vers le col des saisies (1657m d'altitude, 747D+, 14.8km) que je passerais à 12h40. Celui là ça été du costaud tout le long, les rampes ne sont pas aussi prononcées que la fin de la colombière mais sérieuse d’un bout à l’autres.
Je décide de dormir au lac des méraillet que j’avais repéré sur la carte.
Je descend donc le col, mais pas de lac. Un petit coup d’œil sur la carte et je vois que le lac est en faite au sommet. Il est pas trop tard je décide de monter ce dernier col. j’atteint le col des méraillet (1605 d'altitude, 862D+ , 11.8km) à 16h30. J’ai gravi les 5 dernier km sous la chaleur et sans eau. Sur ce coup là, je me suis planté, j’ai oublié de ravitailler. Au sommet se trouve un hôtel, je demande si on peut me remplir ma gourde d’eau. Ce que s’empresse de faire le gas en face de moi en m’extorquant au passage 1 euros pour son eau du robinet. Je m’aperçois que le lac est maintenant en contre bas, sur l’autre versant, et qu’il faut descendre une route non carrossable sur environ 2km qu’il faudra remonter demain matin. Je laisse tomber le lac et cherche un endroit tranquille pour passer la nuit. Je le trouve 3 km plus loin. Je passe un coup de fil à ma femme qui doit se faire déjà du soucis. Mince, il n’ y a pas de réseau. Je me renseigne à la buvette d’en face où le barman me dis que SFR passe très mal dans les alpes, mais qu’en remontant un peu plus loin ça passe.
Me voila repartis sur les pentes du col du cormet de roselend (1967 d'altitude, 365D+, 8.5km). au bout de 3 ou 4 km le signal passe, mais je décide vu qu’il fait encore jour de persister jusqu’au sommet et d’appeler de là haut. Arrivé au sommet à 19h09 j’ai plus de signal. 1/2h plus tôt des cyclos touristes m’avait averti d’un camping pour camping-car, 6km en contre bas du col. Je l’atteint à 19h39 et y passerais la nuit.
J’aurais donc fait pour ce 1er jour,
-le col de la colombiere
-le col des aravis
-le col des saisies
-le col des méraillets
-le col du cormet de roselend
Environ 132km et 3550D+ en 14h09. Température max 37°
J’avais prévu du 15km/h en roulant lentement, mais je fais du 13.5km: sans trop m’attarder, la faute au chargement. On dirait pas, mais 22kg il faut les hisser au sommets de tous ces cols.
Dans la nuit je me remémore la journée et décide dans tirer des conclusions. Vu que je me traine en km/h par rapport à ce que j’avais prédis, je décide de rouler plus longtemps chaque jour afin de compenser, d’autant plus que je n’ai que ça à faire.
Le lendemain lundi 17aout je quitte le camping à 7h36 pour vaincre le col de l’iseran (2770 d'altitude, 1955D+, 34km ). il fait partis des 3 grands cols des alpes, avec le Galibier et la bonette, il sont tous au dessus de 2600m.
Je vais avoir droit à 34km d’ascension entre coupé au début de micro descente. Les rampes ne sont pas très dure mais que c’est long. Il sera vaincu à 13h36.
S’en suit la descente sur la vallée de la Maurienne puis ses 35km de faut pat descendant mais avec un assez fort vent de face tout le long. Je roule entre de 15 et 28km/h.
Ce sera la partie la plus pénible de cette traversée. J’ai hâte de re grimper. Mes douleurs aux fesses s’accentues j’ai de plus en plus de mal a les supporter et cela me gâche le plaisir de rouler. Je passe val d’Isère et me dirige vers le col du télégraphe (1566 d'altitude, 856D+, 11.8km). ce col fait 11.8km avec une pente moyenne a forte mais régulière. J’arrive à son sommet à 20h14. Là je commet ma 2e grosse bêtise. 3h plus tôt j’avais acheté 1 litre de lait a la fraise que j’avais bu à moitié. J’avais ensuite fixé la bouteille sur la sacoche pendant 3 h au soleil et au sommet du télégraphe je l’avais terminée. C’est a la fin de la descente sur Valloire que le mal au ventre me prend. Dans cette descente je suis surpris par le froid , pourtant je roule depuis le départ sous une forte canicule qui me brule littéralement les bras, mains, visage et surtout les lèvres.
Je vois au dessus de moi les nuages qui s’amoncèlent. Je m’inquiète pour le lendemain, car ce qui m’attend est tout simplement gigantesque, d‘autant plus que j‘ai des douleurs abdominales qui m‘empêche de m‘alimenter. Je ne mangerais absolument rien ce soir là.
Arrivé a Valloire la température s’est largement radoucis. Est-ce l’effet de cuvette de la ville ?
Au pied du Galibier j’aperçois sur ma gauche un parcours de santé et décide d’y passer la nuit, il est 20H57.
J’ai fais ce 2e jour
-le col de l’iseran
-le col du télégraphe
Environ 134km et 3450D+ en 13h21. Température max 37°
Le mardi 18 aout sera de loin ma plus grosse journée.
Dés le levé mon estomac me fait moins souffrir mais je ne peux toujours rien avaler, mis a part un thé sucré. J’ai envie de vomir.
Je pars donc avec comme dernier repas un sandwich pris vers 16h30 la veille et je vais m’attaquer au monstre j’ai nommé le col du Galibier (2642 d'altitude, 1245D+, 18.1km).
Il est 5h55 quand je prend la route. La pente est facile au début avec même un faut plat et cela pendant quelques kms puis le pourcentage augmente assez fort pour se stabiliser pendant 5 à 6 km. S’en suit le passage au plan lachat. Là les paroles d’un ami me viennent à l’esprit.
« tu verras quand tu sera au plan lachat, là, ça commence à monter »
Effectivement à ce passage clé, il y a une épingle tout au fond de la ligne droite et sur la droite la pente que je vois m’effraies. Comment vais-je pouvoir passer ce pourcentage avec le poids de mon vélo ?
Le 22x32 est de rigueur et finalement ça passe pas trop mal, c’est même moins dure que la fin de la colombière. Les 17km d’ascension ne sont pas de tout repos et à 5.5km du sommet c’est la panne. Plus de jus. Je commence à angoisser, je me vois 2 ans en arrière sur les pentes du col st Michel lors de la transvesubienne, affalé sur le sentier sans plus pouvoir bouger. Mais heureusement pour moi ce n’est pas une hypo mais simplement un passage a vide car je n’est rien dans le ventre depuis un bout de temps. Tant bien que mal j’atteins le sommet non sans une certaine fierté. Je viens de vaincre le col que je redoutais le plus, a jeun (ou presque) à 8h53.
En effet, la veille lors de l’ascension du télégraphe ma chaine couiner et hurler a chaque coup de pédales.
Elle avait un besoin urgent d’être huilée sous peine de casser, mais j’avais omis d’apporter une burette d’huile
Ce matin donc, en entendant la chaine couiner au 3e km d’ascension du Galibier, une idée lumineuse mais également odorante me vient a l’esprit.
J’ouvre une sacoche, et j’en sors une boite de sardine…..à l’huile.
Je verse l’huile sur la chaine ce qui aura pour effet de la garder bien graisser jusqu’à Nice mais également de sentir le poisson tout le voyage. La boite ouverte j’en est profité pour manger les 2 sardines qui m’ont peut être permises d’arriver au sommet du Galibier.
Au pied de la stèle je rencontre des campeur en camping car avec qui je discute, ils me demande d’où je viens et où je vais. Je leur explique mon périple et que je viens de monter le Galibier sans manger. De suite il m’offre le petit déjeuné, café serré sucré avec des cookies.
Autant ce p’tit dej, me fera du bien physiquement, autant cette générosité spontanée me gonflera le cœur.
A partir de ce moment gonflé à bloc je sais que j’irais jusqu’au bout.
La descente suivante m’amène au col du Lautaret à 9h46 où je m’arête prendre un sandwich et un coca. Puis descente jusqu’à Briançon. A la sortie de la ville sur la gauche débute les pentes du col d’Izoard (2361 d'altitude, 1141D+, 20km)
Quand j’avais dis a un ami que j’enchainerais lors de mon raid le Galibier et l’Izoard avec mon chargement il m’avait pris pour un fou.
Mais je ne sais pas pourquoi depuis que j’ai recommencé à manger je me sens fort, très fort.
J’attaque l’izoard avec confiance. Ses 20kms d’ascension ne m’effraie pas du tout. Je commence à le grimper à 12h en pleine canicule, je suis écrasé au sol par cette chaleur (et peut être aussi par ces 22kg) mais rien ne m’arrête. Les bras nus me brule (je n’ai pas de crème protectrice) le visage est en feu les genoux également, mais le pire ce sont les lèvres. Je les sens craqueler. Je ne sais pas ce qui m’arrive, est-ce l’effet dopant de la caféine du coca que j’avale par litres (2 litres pour l’izoard) mais je ne sens plus mes jambes. Ce col de presque 20 kms est finalement vaincu à 14h39. Ce sera pour moi le col le plus dure des alpes. Mais pas celui qui m’aura fait le plus mal.
Apres la traditionnelle photo du sommet et la descente qui s’en suit où je me donne le temps de récupérer, arrive très vite le pied du col de vars (2111m d'altitude, 1111D+, 19.4 km) où je dois passer la nuit. Il est 17h quand je me présente au bas de ses 20 km mais dans mon esprit je pensais qu’il ne faisait que 11 km pour maxi 800D+. La chaleur est toujours aussi écrasante malgré l’heure déjà avancée. Il est trop tôt pour installer le campement, je décide donc de monter tranquillement pour gagner quelques km.
C’est le gros avantage de l’itinérance en autonomie. On peut s’arrêter où l’on veut, quand on veut.
Je ne connais pas du tout ce col, ni pour l’avoir fait ni pour en avoir entendus parler. Je peux simplement dire que les premières pentes sont vraiment difficiles, très difficile. A tel point que juste avant le 5e km je suis sur le 22x32, debout depuis un moment à essayer de hisser mètre après mètre mon chargement jusqu’au sommet à une vitesse de 4.6/4.8 km/h. Quand je dois me rendre à l’évidence, je n’y arriverais pas. Plus de force. Le mental est toujours aussi intact mais je n’y arrive plus. Je décide après avoir ravalé ma fierté de honteusement m‘arrêter. Le vars pourra se venter d’avoir été le seul à m’avoir fais mettre pied a terre.
Puisque je ne peu plus pédaler, vu que je ne peu plus mettre plus souple. Je décide de marcher en poussant le vélo en espérant retrouver rapidement les forces nécessaire afin de continuer ma grimpé.
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais pousser un vélo de 22 kgs dans une pente a fort pourcentage, sous une chaleur écrasante quand on est fatigué, ben ça donne du 1.8km/H.
Voyant cela je décide aussi tôt de remonter sur le vélo pour m’arrêter …..100m plus loin à la faveur d’un coin d’ombre.
Je m’assoie dans l’herbe et décide de consulter la carte afin de savoir ce qui m’attend.
Bizarrement sur la carte il n’y a qu’un chevron alors que dans la colombirere il y en avait 2.
Mais ce qui ne me rassure pas du tout, c’est qu’il y a 1 chevron sur tout le parcours, jusqu’au sommet.
Pendant cette pause j’analyse la situation et comprend pourquoi j’ai dû poser pied a terre.
-J’ai attaqué le col de vars en pleine digestion
-avec une chaleur difficilement supportable
-avec au moment de mon arrêt des pentes très sévères
-avec un chargement non adapter a la haute montagne
- mais surtout avec 11h de vélo dans les jambes depuis le bas du Galibier.
Ouf l’honneur est sauf, j’essaie par tout les moyens de me rassurer, vu que personne d’autre ne peu le faire a ma place.
Après un arrêt de moins de 10mn, je décide de repartir. Ça va un peu mieux et 500m après cette pause la pente se radoucit considérablement ce qui me permet de pouvoir hotter 2 pignons par moment.
Quelques kms plus loin je trouve carrément un faut plat descendant. Sur le bas coté de la route un gas me dis
« vous en avez encore 4 à 5 kms comme cela »
Je m’arrête pour m’informer sur la suite du col, et là, il me sort carrément le graphique avec dénivelé, kilométrage, degrés de la pente.
Passer mon étonnement je vois passer sur la route un cycliste en plein effort et a grande vitesse.
C’est le fils qui se prépare pour un course et dont le père est l’entraineur.
Pour en revenir au graphique, je vois qu’après le faut plat ça remonte un peu moins qu’en bas. Mais pendant 9.5km alors que je pensais qu’il me restait au grand maximum 4.km.
Quand j’explique au gas que le lendemain je dois m’attaquer à la cime de la bonette et que je désire m’y rapprocher le plus possible dés ce soir, il me répond,
« depuis le sommet, ça descent tout le long jusqu’à barcelonnette  »
Excellente nouvelle. Je recommence mon escalade péniblement quand même. Mais a chaque fois que je pense avoir atteins le sommet, je vois une remontée derrière. Cela à 4 reprises.
Enfin le vrai sommet est là, je l‘atteins à 19h25.
Je me couvre comme a chaque descente, bonnet, gants long, maillot manche longues, plus coupe vent et jambières. J’ai peur d’un brusque refroidissement, d’autant plus que je passe chaque jours de nombreuses heures sous le soleil.
Arrivée dans la vallée un long faut plat m’amène jusqu’à jausier que je passe afin d’attaquer la bonette.
Je vous rassure je n’ai pas l’intention de la franchir aujourd’hui. Je cherche simplement un endroit pour dormir. Je passe le 1er km, puis le 2e et toujours pas d’endroit tranquille. J’arrive au 3e et là je m’aperçois que je suis a sec, plus de boisson. Je n’ai pas envie de refaire les 3km en descente que je vais devoir remonter ensuite. Je ne peux pas non plus escalader la bonette avec son sommet à 2802m sans boire. J’avise sur ma gauche une villa éclairée. Je n’hésite pas un instant, j’y vais avec ma gourde et mas bouteille de 1.5l et explique mon cas a la bonne femme à qui je dois faire de la peine, quand je lui explique mon périple alors qu’il fait déjà nuit. Apres avoir obtenu ma boisson et avoir remercié la dame, je repars pour trouver pas trop loin un emplacement idéal. Mince j’ai plus mes lunettes je les avais posées sur la selle en allant chercher l’eau. Je redescend et grâce à la frontale je les localises rapidement.
Quand, arrivé au campement je pose mon vélo contre un arbre ça fait 15h21 que je roule. C’est la première fois que je sens la fatigue. Je sais qui si je m’allonge là, je m’endormirais immédiatement. Mais ce n’est pas encore le moment. Je scrute le ciel et les étoiles brille de mille feux. Il ne pleuvra donc pas cette nuit, du moins je l’espère et le souhaite. Je décide de ne pas installer ma bâche mais de la placer simplement au sol et d’y poser mon duvet.
Je n’ai pas faim mais il faut que je m’alimente.
Il m’est malheureusement impossible de m’asseoir, sur la bâche afin de manger ma boite de ravioli tant la douleur aux fesses est insupportable. Je suis obligé de m’allonger appuyer sur un coude afin de m’alimenter.
Le repas terminé, je pose ma boite de conserve prend mon mp3 pour me détendre. Je ne l’écouterais que 5mn et m’endors comme un bébé.
J’ai fais ce 3e jour
-le col du Galibier
-le col du lautaret
-le col d’izoard
-le col de vars
-les 3 premiers km de la bonette.
En distance ça donne 162km et 3860D+ en 15h21, Température + de 40°
Mercredi matin 4h08, j’ouvre les yeux, les étoiles son toujours là. J’ai envie de partir comme a chaque fois que je me réveille, mais il est encore très tôt. J’ai tout fait la veille afin d’arriver le plus proche de Nice et cette dernière étape malgré la fatigue accumulée ne devrais pas poser trop de problème.
Je me rendors et me réveille finalement à 5h55.
Je décide de ne pas me faire chauffer de thé, je range tout le matériel et pars directement à la fraiche et à jeun à 6h18 afin d’attaquer la cime de la bonette (2808m d'altitude, 1589D+, 24km)
Les premiers km sont facile. Ensuite la pente alterne avec le pentu, très pentu, et replat voir carrément des mini descente. Je me suis toujours demandé quand il y avait une descente en plein milieu d’un col s’il fallait s’en réjouir car cela permet de récupérer et de faire diminuer le kilométrage restant. Ou bien s’il fallait en être décu car il fallait remonter tout ce que l’on avait descendu. Aujourd’hui j’ai ma réponse. Je préfère quand ça monte continuellement.
Je sais que ce col va être long. La fatigue s’étant accumulée et sentant la fin proche j’en ai un peu marre. Jai envie d’en terminer. J’essaie par auto suggestion de réduire la difficulté.
Aujourd’hui dans le col de la bonette, je suis partis du 19e kilomètre. Arrivée au 17e je me dis allez plus qu’un « Galibier » au 15e plus qu’un « turini » au 9e plus qu’un « vence ». Là je commence à avoir faim, je m’arrête et avale une boite de pâté, qu’est-ce que ça fait du bien. Après le passage du 7km je monte depuis un moment et je cherche la borne « 6 » mon polar étant illisible à cause de la bué, je ne sais pas ou j’en suis. Je ne monte pas vite mais je devrais déjà la voir. Je continu à grimper et puis au loin ça y est je l’aperçois mais je trouve cela bizarre. Et arrivée tout prés une bonne surprise m’attend c’est en fait la « 4 ». ça y est, là je sens que c’est dans la poche. Arrivée a la borne « 0.5 » je m’arrête et prend une photo avec le pouce levé. J’arrive enfin au col et à gauche s’ouvre la route menant directement à Nice.
La route de la Grandes Traverseé des Alpes passe par là, mais je décide pour la photo d’escalader a ma droite la fameuse dernière rampe et son incroyable pourcentage afin d’arriver a la stèle et ses 2802m. ça y est je suis sur le toit de l’Europe, il est 9h14.
S’en suit photo, bavardage avec des curieux, enfilement de la tenue d’hiver, boisson puis la longue descente sur Saint Etienne de tinée.
La longue descente en faut plat qui se poursuit jusqu’à l’embranchement de la roquette sera extrêmement pénible a cause de ma brulure aux fesses qui me fait plus souffrir sur le plat qu’en bosse. Les doliprane 1000 ni changeront rien. De plus c’est inintéressant, y a rien à découvrir. J’ai choisi de terminer mon périple par la montée de Levens par la roquette (768m d'altitude, 520D+, 8km) et de finir en me laissant glisser doucement jusqu’à Nice.
Je m’attendais a une rampe bien plus dure. Il fait toujours aussi chaud mais je suis bien équipé en coca.
Tant bien que mal j’atteins le sommet, je n’est pas de photo a faire vu que ce n’est pas un col. Dés les premiers mètres de la descente une joie m’envahie. C’est moins brutale qu’une arrivée de transvesubienne car le stress est beaucoup moins présent. La tension nerveuse n’est pas la même.
Mais je suis certain qu’avec le recul je serais plus fier de cette traversée de la route des Grandes Alpes en autonomie, en solo et en 4 jours, qu’un podium sur la transvesubiene.
J’ai fais ce 4e jour:
-cime de la bonette
-montée de Levens
Distance env 144km 1875D+ en 10h06, température max 40°
 
 
Meilleurs souvenirs:
-Le p’tit dej offert par le couple en camping-car au sommet du Galibier, a un moment où j’en avais le plus besoin.
-les nombreux encouragements venant des cyclistes, des randonneurs pédestres, des motards avec le pouce levé.
Sur le col du meraillet un gas en vélo de route me rattrape et me dis  « c’est incroyable la facilité avec laquelle vous pédalez » enfin un connaisseur (rire).
Dans un village traversé, sur le bas coté de la route une femme dis à son mari « ça c’est un vrai sportif » peut être une allusion au « dopage »
Mauvais souvenirs:
La bouteille d’eau du robinet (de l’hôtel placé au sommet du col du méraillet), qui m’a été facturée 1 euro.
La brulure aux fesses qui m’aura fait souffrir tout le long du périple. Un diamètre de 3cm sur chaque fesses n’a plus de peau. Rajoutez -y le sel de la transpiration et c’est le feu pendant plus de 13h par jour x 4.
 
Bilan:
Distance totale environ 630km.
Dénivelé environ 13.260m D+
Temps total 56h (52h35 sur 4 jours pour la traversée réelle)
Mon poids au départ = 59.8kg
Mon poids à l'arrivée = 56.8kg
Le matériel:
Vélo:
J’avais le choix entre
un route (Scott Cr 1) mais pas de triple plateau donc vite oublié.
Un vtt (Scott scale) monté avec roues Mavic tubeless en 700 et fourche rigide carbone. A mon avis l’arme absolu. Mais en taille M alors que je roule sur du S.
Mon anthem X (120mm/100mm) blocable. Sur lequel je suis parfaitement à l’aise.
Le chalenge d’effectuer le parcours de la GTA sur le même vélo qui ma permis de faire 59e sur la transvesubienne 2009, me plaisait bien.
Bagages:
J’avais envisagé de monter un porte bagage arrière sur le tube de selle, avec sacoche. Mais je n’ai pas reçus la sacoche à temps. De plus, sur ce genre de porte bagage on ne peut pas trop charger.
La solution était donc le porte bagage avant. C’est un « zephal » qui se monte sur toute sorte de fourche (rigide/suspendu) A cela j’ai fixé 2 sacoches latérales étanches de marque « otlieb ».
Sur le T de fourche j’ai fixé ma bâche de couchage (pas de tente) ainsi qu’une bouteille d’un litre et demi au moyen de lanières. A l’arrière j’ai fixé mon duvet enroulé dans un sac plastique et fixé sous la selle avec également des lanières. Le tout parfaitement maintenu ma permis de prendre pratiquement 70km/h en descente en pleine charge sans aucune appréhension.
Couchage:
1 duvet de 800g pour 8° confort. Au pire j’avais mon équipement de vélo d’hiver pour pas avoir froid en cas de mauvais temps.
1 bâche 800g de 2.5m X 2.0m avec des œillets afin de la fixer comme un tarp. 1 corde de 3mm sur 10m de long, 10 piquets ultra light en scandium. Le choix de la bache à été dicté par le fait que la tente que je voulais acheter n’était pas en réserve et la commande serait venu trop tard. Celle que j’avais était bien trop lourde pour ce périple.
1 couverture de survie que je plaçais directement sur le sol.
Repas:
1 réchaud 80g, 1 cartouche 230ml, 1 cuillère à café, 1 quart.
Vêtements:
2 cuissards courts, 1 collant long, 2 tee-shirts, un sous pull cycliste, 1 maillot manche longue, 1 blouson cycliste, 1 paire de jambières, 1 bonnet, 1 paire de gants été + hiver, un coupe vent fluo réglementaire de nuit, 1 imperméable, 1 poncho, 2 paires de chaussettes, 1 short de bain, chaussures vtt, 1 paire de lunettes avec verres interchangeable, 1 casque.
Divers:
Sachets plastiques, élastiques, MP3, APN + chargeur, mobile + chargeur, 2 cartes routières indéchirable au 200.000e, 1 brosse a dent miniature, 1 serviette de rando extra légère et séchant ultra rapidement, gel douche, papier WC, boules quies, 1 opinel, ciseaux, matériel de réparation complet, 2 chambres a air, 1 cadenas a câble avec combinaison, 1 paire de Tongue, 1 bidon cycliste.
Pharmacie:
Bande elastroplasme, crème cuissard, doliprane 1000,
Eclairage:
Loupiote av et ar, lampe frontale 60 lumen,
Nourriture:
Au cas où, j’avais amené, 4 boites de pâté, 2 boites de sardine, 1 boite de soupe.
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MessagePosté le: 21/09/2009 22:44:27    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
BRAVO

difficile de répondre aussi brièvement après un tel récit, mais bravo et merci de nous faire partager cette aventure ... aventure un peu dingue quand même chaud !

j'epère que tu vas nous mettre en ligne qqs photos Smile

ps: ce récit me permettra de me souvenir de ne jamais rouler avec toi :siffle
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mickey
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MessagePosté le: 21/09/2009 22:52:45    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
voici les photos Smile
http://picasaweb.google.fr/mickeycappa/GENEVENICE?authkey=Gv1sRgCNWnheDH7pq…
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loran
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MessagePosté le: 21/09/2009 23:16:16    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
eh bien moi je dis... : "MONSIEUR !!" Very Happy

Bravo à toi, ça donne envie des trips comme ça !!

Merci pour ton récit et tes photos ! :siffle
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gex13
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MessagePosté le: 21/09/2009 23:45:09    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
Super récit, franchement triple plateau.....heu triple Very Happy bravo !!
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finger13
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MessagePosté le: 22/09/2009 00:24:20    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
c'est clair en lisant on dirait qu'ont vie le truc  Smile
en tout cas je te tire mon casque felicitation Cool
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phil13
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MessagePosté le: 22/09/2009 00:39:18    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
oui, quel récit et ... quel périple !
l'ébauche d'un livre ça sent !
félicitation et .... respect !
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Yétibétain
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MessagePosté le: 22/09/2009 17:46:12    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
Un seul mot: RESPECT!!!
Ce que tu as fait là est colossal; je déteste le vélo de route mais j'avoue qu'à te lire, ça m'a donné envie de tenter un truc de ouf pareil!!!!
Un très grand BRAVO!!!!! Okay
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c'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains ont l'air plus brillant avant d'avoir l'air con ...
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jéjé
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MessagePosté le: 22/09/2009 19:35:16    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
Torquefada a écrit:
Un seul mot: RESPECT!!!
; je déteste le vélo de route mais j'avoue qu'à te lire, ça m'a donné envie de tenter un truc de ouf pareil!!!!


t'es vraiment sur !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Cool
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MessagePosté le: 22/09/2009 19:55:12    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
Euh, ouais, enfin, faudrait voir!! Shocked
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mickey
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MessagePosté le: 22/09/2009 21:27:50    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
merci pour les compliments.

ça été un réel plaisir pour moi de faire cette "rando" et non une souffrance, que du bonheur.
Si mon récit peut donner à une seule personne d'entre vous, l'envie d'en faire autant, j'en serais flatté

pour info j'avais quand même au départ du périple 73.000m de D+ depuis le 1er janvier.
94.500m D+ maintenant. Twisted Evil

"quand on veut on peut" mais il faut s'en donner les moyens
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Yétibétain
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MessagePosté le: 22/09/2009 22:46:17    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES Répondre en citant
Pfiou! Impressionnant!!
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MessagePosté le: 11/12/2017 02:11:04    Sujet du message: LA GRANDE TRAVERSEE DES ALPES
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